Agronomie et fruitières au XIXe siècle

actu20210324 parution agronomie et techniques laitieres hysamFabien Knittel, chercheur en histoire contemporaine au Centre Lucien Febvre, vient de publier Agronomie et techniques laitières. Le cas des fruitières de l'Arc jurassien (1790-1914) aux éditions Classiques Garnier. Cet ouvrage, qui s’inscrit dans l’action « Hysam » (1) développée dans le pôle 3 de la MSHE, retrace le fonctionnement original des fruitières franc-comtoises et suisses, leurs transformations durant « un long XIXe siècle » et l’émergence de l’agronomie comme discipline scientifique.
Rencontre avec Fabien Knittel
 
Le XIXe siècle voit se transformer les fruitières, la place et le rôle du fruitier. Comment cela se passe-t-il ?
Fabien Knittel : Concernant les fruitières franc-comtoises et suisses il est indéniable que le XIXe siècle est marqué par une réelle dynamique, à la fois technique et économique. Les fruitières sont des « associations de prêt mutuel du lait » qui permettent aux paysans associés de fabriquer du fromage pour la vente. Il faut savoir que les fruitières correspondent à une organisation originale de la production fromagère fondée sur un modèle coopératif. Ces fruitières jurassiennes suscitent l’intérêt de certains membres de l’école sociétaire – disciples de Fourier que l’on appelle souvent « socialistes utopiques », expression qu’ils réfutent d’ailleurs – comme Max Buchon ou Wladimir Gagneur. Elles intéressent aussi certains agronomes − l’agronome genevois Charles Lullin par exemple − qui y voient des manières de faire, des techniques de fabrication et des pratiques agricoles et d’élevage qui les questionnent, qu’ils décrivent minutieusement et qu’ils cherchent aussi, parfois, à améliorer.

Et pourtant elles étaient là

actu20210316 Et pourtant elles etaient laEt pourtant elles étaient là est le titre d’un documentaire réalisé sous la houlette de Marta Alvarez (1) par un collectif d’étudiants (2) de l’UFR SLHS et de cinéastes (Carolina Astudillo Muñoz, Jairo Boisier et Lucien Petitjean). La MSHE Ledoux, qui a prêté du matériel pour filmer et enregistrer, en est partenaire (3). Et pourtant elles étaient là interroge la mémoire des groupes Medvedkine et la place des femmes dans ce cinéma militant et dans la société des années 1960-1970. Son origine est à rechercher dans des collaborations antérieures entre Marta Alvarez et Carolina Astudillo mais aussi dans un constat : « bien qu’ils soient un référent pour les cinéphiles, les groupes Medvedkine ne sont pas connus de nos étudiantes et nos étudiants » note Marta Alvarez. Pour partir sur leur trace, le collectif rencontre trois femmes qui ont participé aux groupes : Dominique Bourgon, Suzanne Zedet et Annette Paléo. A travers elles, il s’agit de « mieux connaitre l’aventure Medvedkine et les expériences des femmes de cette époque » dit la voix off sur des images d’archive.

Appel à participation à une expérience sur la perception visuelle

Appel à participation à une expérience sur la perception visuelle

Aglaé Navarre, doctorante en psychologie cognitive à la MSHE Ledoux, réalise une expérience dans le cadre de sa thèse pour laquelle elle a besoin d'un nombre important de participant.e.s. L'expérience porte sur la perception visuelle, et dure 5 minutes. Elle doit impérativement être réalisée depuis un ordinateur. 

Pour participer : https://unifr.eu.qualtrics.com/jfe/form/SV_cZ0tDikvliflKv4

Retour sur le colloque «Pif Gadget et compagnie: approches pluridisciplinaires»

actu20210302 retour colloque Pif compagnieLe colloque « Pif Gadget et compagnie : approches pluridisciplinaires » s’est déroulé les 4 et 5 février 2021 en distanciel (1). Il s’inscrit dans un projet de recherche, porté par Sébastien Laffage-Cosnier et Christian Vivier du laboratoire C3S (2), lauréat de l’appel à projets 2020 « transmission, travail, pouvoirs » de la Fédération des MSH de Bourgogne et de Franche-Comté.
Les succès des ouvrages de Richard Medioni et de Christophe Quillien (3) relatifs à l’histoire de Pif Gadget témoignent de l’intérêt porté par un lectorat nostalgique de ce magazine. Pour autant, cette publication jeunesse et son inscription dans la mémoire collective a suscité peu de travaux au sein de l’université, jusqu'à une période récente. Un précédent programme de recherche intitulé « PIFERAI - Pif, dans tous ses états : recherches, archives, interdisciplinarité » orchestré par Henri Garric et Jean Vigreux (4) en 2018, également soutenu par la Fédération des MSH, a comblé un manque certain sur les origines et la genèse de Pif Gadget. Le présent colloque souhaitait questionner les décennies suivantes. La longévité de Pif Gadget et son lien avec le PCF interrogent évidemment quant à la bolchévisation éventuelle des jeunes d’une génération très hétéroclite. Cependant, cette « politisation ouvrière » et communiste via Pif Gadget est-elle aussi durable et puissante qu’on pourrait le penser ? Résiste-t-elle à l’uniformisation des imaginaires par la culture de masse ? Telles étaient les questions qui avaient été posées à la douzaine de chercheur.e.s ayant répondu à l’appel à communication. Afin d’aider les chercheur.e.s participant au projet dans leurs investigations, Sébastien Laffage-Cosnier et Christian Vivier avaient mis à leur disposition, dès le mois de mai 2020, la collection de Pif Gadget quasi-complète et numérisée, à savoir plus de 1000 numéros de 1969 à 1993 ainsi que les 50 numéros de 2004 à 2008.

Nouveau tachéomètre robotisé à la plateforme technologique SHERPA

actu20210223 tacheo robotiseLa plateforme technologique SHERPA (1) de la MSHE a fait l’acquisition d’un nouveau tachéomètre robotisé, grâce à un financement de la Région Bourgogne-Franche-Comté. Le tachéomètre Zoom90 A10 5'' de la société GeoMax permet les relevés topographiques d’une grande précision (+/- 2,5mm à 100 m) par une seule personne. Il est compatible avec les GPS Trimble Geo7X et la station de base GNSS RTK Septentrio, dont est déjà dotée SHERPA.
Cet ensemble d’équipements permet l'acquisition de points parfaitement géoréférencés et corrigés, directement sur le terrain. Il est utile à tout type de relevés, y compris sur terrain de grande surface, en archéologie, géographie, étude de l’environnement…

Le tachéomètre est empruntable sous certaines conditions. Une formation préalable est en particulier indispensable (prendre contact avec la plateforme SHERPA).

La propriété de la terre après le collectivisme

actu20210209 entretien MC MaurelMarie-Claude Maurel, géographe et directrice d’études à l’EHESS, publie Terre et propriété à l’est de l’Europe depuis 1990. Faisceau de droits, relations de pouvoir aux PUFC dans la collection des Cahiers de la MSHE (1). Dans cet ouvrage, l’auteure analyse, d’un point de vue à la fois historique, juridique, économique et politique, la transformation des régimes de propriété foncière dans l’Europe de l’Est après la chute des systèmes communistes.
Rencontre avec Marie-Claude Maurel.

Au tournant des années 1990, l’Europe de l’Est se tourne vers l’économie de marché et rétablit la propriété privée. Que se passe-t-il alors pour la propriété foncière et les structures agraires ?
Marie-Claude Maurel : Pour les campagnes, c’est un nouveau tournant dans une histoire marquée par les réformes agraires de la première moitié du XXe siècle, puis la collectivisation de l’agriculture dans les années 1950. Le passage à l’économie de marché et le rétablissement de la propriété privée impliquent le démantèlement du modèle collectiviste fondé sur l’appropriation collective de la terre et des moyens de production, et leur gestion administrée dans le cadre de très grandes exploitations agricoles, fermes d’État et coopératives de production. Engagé sous la forme d’un mouvement de privatisation de la terre, le démontage du modèle collectiviste ouvre un temps de transformation des régimes de propriété foncière et de recomposition des formes d’exploitation de la terre, étendu sur trois décennies.

Valentin Chevassu, nouveau docteur à la MSHE

actu20210128 Soutenance Valentin ChevassuValentin Chevassu, doctorant à la MSHE Ledoux rattaché au laboratoire Chrono-environnement, a soutenu sa thèse en archéologie le 7 janvier 2021. Conduite sous la direction d’Émilie Gauthier et de Pierre Nouvel (1) la recherche s’intitule « Peuplement, paysages et pouvoirs médiévaux en contexte de moyenne montagne : les cas du sud Morvan et du Jura central ».
Rencontre avec Valentin Chevassu.

On imagine souvent que les zones de montagne sont récemment peuplées. Dans votre thèse, vous montrez que ce n’est pas le cas des massifs du Morvan et du Jura.
Valentin Chevassu : Ce travail de thèse part en effet d’une opposition entre les travaux historiques anciens, qui mettent en valeur des structures de peuplement d’origine essentiellement médiévale et moderne, et les acquisitions récentes des archéologues et des paléoenvironnementalistes, qui, elles, soulignent une fréquentation humaine ancienne, dès la Préhistoire. Il est certain que les deux massifs du Movan et du Jura sont fréquentés de longue date et ne constituent pas réellement des « déserts forestiers » colonisés durant la période médiévale, même si c’est à partir de cette époque que la présence humaine nous apparaît plus nettement en altitude, sans doute parce qu’elle se renforce mais aussi grâce aux améliorations de la documentation écrite.
De manière générale, l’idée qui domine dans de nombreux ouvrages comme chez le grand public est souvent une vision de montagnes peu fertiles et dotées d’un climat hostile, ce qui en ferait des zones repoussantes pour les sociétés anciennes. Ma thèse permet à l’inverse de souligner les ressources des massifs étudiés, notamment l’importance des ressources forestières, pastorales, minières ou autres, qui selon les périodes attirent des populations et peuvent acquérir une grande valeur économique.