
Dans le cadre du projet de recherche PYROTECH, porté par Vanessa Py-Saragaglia dans pôle Patrimoine culturel et naturel, vient de commencer le projet ECOFER (1) financé par la Région Bourgogne-Franche-Comté dans le cadre du dispositif Envergure.
ECOFER explore plus de deux millénaires d'interactions entre métallurgie du fer et écosystèmes forestiers, des âges du Fer au Moyen Âge, avec une attention particulière portée à la région de la Puisaye, l'une des régions naturelles les plus boisées de Bourgogne. Quelles forêts alimentaient les ateliers sidérurgiques anciens ? Où se situaient-elles ? Étaient-elles gérées durablement, renouvelées ou surexploitées ? Telles sont les questions qui occupent les scientifiques.
Retrouver les forêts exploitées pour la métallurgie du fer
En s'appuyant sur les importants corpus de charbons archéologiques constitués dans le cadre du programme TerriFer et du PCR (projet collectif de recherche) "La sidérurgie en Bourgogne-Franche-Comté avant le haut fourneau. Organisation et circulation des productions", dirigés par Marion Berranger (2), ECOFER cherche à reconstituer les pratiques sylvicoles et les circuits d'approvisionnement en combustible, susceptibles d'avoir profondément évolué entre la période de Hallstatt et l'époque romaine, marquée par une intensification considérable de la production sidérurgique.
Le principal défi méthodologique consiste à exploiter les cernes de croissance conservés dans les charbons pour caractériser les bois utilisés (essences, diamètres, parties de l'arbre, etc.), leurs conditions de croissance et leur provenance géographique. Cette démarche repose sur la constitution de nouveaux référentiels régionaux et l'articulation de la dendro-anthracologie, de la dendrochronologie (dendroécologie et dendroprovenance) et de l'archéologie spatiale (les données LiDAR). Elle permettra également d'interroger les héritages écologiques de la métallurgie ancienne dans les paysages actuels de la Puisaye, en étudiant notamment les évolutions dans la composition des peuplements, l'ancienneté des espaces forestiers et leur articulation avec les espaces artisanaux, les terroirs agricoles et l'habitat.
Une doctorante expérimentée rejoint l'équipe du projet
Le lancement d'ECOFER s'accompagne du recrutement de Léane Levillain, déjà expérimentée en dendro-anthracologie et dans l'étude des bois et charbons archéologiques. Sa thèse, dirigée par Vanessa Py-Saragaglia et codirigée par Mélanie Saulnier (3) contribuera au développement des approches dendro-anthracologiques et dendrochronologiques du projet, tout en renforçant les capacités analytiques de la plateforme d’analyse et de restitutions des archéomatériaux et environnements anciens (PYRAE) de l'IRAMAT.
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(1) ECOFER "Héritages écologiques du fer : les forêts préindustrielles de Bourgogne-Franche-Comté" a été lancé le 1er octobre 2026 pour une durée de 36 mois. Il est coordonné par Vanessa Py-Saragaglia, chargée de recherche CNRS à l’IRAMAT-LMC, et réunit des chercheurs de l'IRAMAT-LMC (Belfort-Sevenans), d'ARTEHIS (Dijon), de Chrono-environnement (Besançon), de GEODE (Toulouse), de BioArch (Paris) et d'ARCHIMÈDE (Strasbourg).
(2) Marion Berranger, ingénieure de recherche CNRS à l’IRAMAT-LMC, a porté le projet TERRIFER à la MSHE de 2022 à 2025.
(3) Mélanie Saulnier est chargée de recherche CNRS à GEODE.
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Photo : Léane Levillain