PYROTECH - Au cœur des arts du feu : ressources végétales, combustibles et pyrotechnologies dans les industries anciennes

Responsable du projet de recherche

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., chargée de recherche CNRS, IRAMAT-LMC

Financements

MSHE et plateforme PlaeTEX (stage de master)

charbon de Hêtre issu d'une charbonnière moderne

Le développement des industries métallurgiques anciennes repose étroitement sur l’exploitation des ressources ligneuses et, plus largement, sur les écosystèmes forestiers. De nombreux travaux ont déjà documenté l’impact de ces activités sur les forêts passées, leurs dynamiques et leurs héritages écologiques. En revanche, la question de la qualité des combustibles végétaux, en particulier du charbon de bois mobilisé dans les procédés pyrotechniques, reste encore peu explorée.

Le projet PYROTECH propose de dépasser cette limite en croisant approches anthracologiques, biologiques, physico-chimiques et mécaniques, à partir de référentiels construits en conditions contrôlées, en contextes expérimentaux et d’une relecture des vestiges anthracologiques. Il vise à mieux comprendre les pratiques sélectives, l’influence des choix techniques sur les peuplements forestiers, ainsi que le degré de technicité et de maîtrise des procédés.

Ancré en Bourgogne-Franche-Comté, il s’appuie sur une documentation exceptionnelle relative aux productions sidérurgiques antiques de Puisaye, médiévales et modernes du Haut-Jura, et aux exploitations polymétalliques du massif vosgien.

Depuis la Protohistoire, les industries des métaux reposent étroitement sur l’exploitation des ressources forestières. Le bois intervient à toutes les étapes des chaînes opératoires, depuis l’extraction minière (bois d’étaiement, équipements, aménagements, abattage par le feu) jusqu’à la réduction des minerais, puis, dans le cas du fer, au forgeage, en passant par la production de charbon de bois. En raison de leurs besoins considérables en combustible, en particulier dans les contextes d’exploitation intensive, ces activités ont surtout été étudiées jusqu’à présent sous l’angle de leurs effets sur les forêts, en termes de déforestation, de pression sur les peuplements et de transformation des paysages. En revanche, la question de la qualité des combustibles, et plus particulièrement celle du charbon de bois utilisé pour la réduction, demeure peu abordée. Or, les données disponibles montrent que les propriétés d’intérêt du charbon – teneur en carbone fixe, densité, résistance mécanique, composition des cendres, réactivité – dépendent à la fois des caractéristiques du bois initial et des conditions de pyrolyse.

Le projet PYROTECH propose d’aborder frontalement cette lacune à travers une recherche interdisciplinaire associant archéologie, anthracologie, sciences du bois, ainsi que caractérisations physico-chimiques et mécaniques. L’objectif est de comprendre dans quelle mesure les artisans du passé maîtrisaient l’ensemble du processus de production du combustible, depuis la sélection de la biomasse ligneuse en forêt jusqu’à la carbonisation, et de déterminer si des qualités différenciées de charbon peuvent être mises en évidence selon les contextes techniques, les périodes et les types de sites. Il s’agit également d’évaluer si certaines pratiques sélectives ont pu orienter la gestion des peuplements forestiers et contribuer à façonner durablement les socioécosystèmes forestiers.

Équipe de recherche

  • Marion Berranger, ITA CNRS, IRAMAT-LMC, Belfort
  • Michel Aubert ITA CNRS, IRAMAT-LMC, Belfort
  • Olivier Girardclos, ITA CNRS, Chrono-environnement, Besançon
  • Margaux Herbrich, doctorante, IRAMAT-LMC, Belfort
  • Enrique Vega, ITA CNRS, IRAMAT-LAPA, Saclay
  • Rémy Jeannot, chercheur associé, archéométallurgiste ITA INRAP, INRAP, IRAMAT-LMC, Chrono-environnement, Besançon
  • Joseph Gauthier, CRCN CNRS, Chrono-environnement, Besançon
  • Arnaud Mutuel, BIATSS, UTBM, Belfort
  • Valérie Pichot, ITA CNRS, CNRS-UAR 3124 MSHE Ledoux, Besançon
  • Sandrine Paradis-Grenouillet, directrice EVEHA, EVEHA/GEOLAB, Limoges
  • Ariane Lambart, doctorante, EVEHA/Chrono-environnement, Limoges/Besançon
  • Marc Leroy, archéométallurgiste IE Ministère de la Culture, Ministère de la Culture/IRAMAT-LMC, Nancy/Belfort
  • Camille Guérinet, stagiaire PlaeTEX/IRAMAT-LMC, Besançon/Belfort
  • Vincent Serneels, professeur émérite, département des géosciences, Université de Fribourg, Suisse
  • Vincent Bichet, maître de conférences UMLP/Chrono-environnement, Besançon

Liens formation - recherche

Le projet intègre le stage d'une étudiante de BUT Chimie, qui participera à la mise en place des premiers protocoles de caractérisation, ainsi une doctorante du LMC pour l’appui aux analyses PXRF. À travers ces différentes implications, la formation à la recherche se trouve pleinement au cœur du dispositif, depuis l’initiation aux méthodes jusqu’à leur appropriation dans un cadre doctoral.

Photo : Charbon de hêtre issu d'une charbonnière moderne, Vieille Forêt de Barrada, Gèdre © V. Py