
Le HBIM - Historic Building Information Modeling ou Heritage Building Information Modeling - une méthode de modélisation des données issue du bâtiment et appliquée au patrimoine bâti. Il fait partie des nouveaux outils numériques susceptibles d’enrichir les méthodologies de recherche en archéologie du patrimoine bâti. Il était au cœur des réflexions de la table ronde, organisée par le pôle Patrimoine culturel et naturel de la MSHE le 23 septembre 2026, sous la houlette de sa responsable scientifique Morana Čaušević Bully (1).
Cette table ronde a permis de réunir des professionnel·les de l'archéologie du bâti, du patrimoine et des monuments historiques afin d'interroger les méthodes actuelles et d'explorer de possibles développements méthodologiques des pratiques d'étude, d'interprétation, de restitution et de gestion du patrimoine bâti face aux enjeux actuels et au développement important de l'informatique dans ces domaines.
Après le mot d’accueil de Morana Čaušević Bully, la matinée a été dédiée à une longue série de communications présentées par plusieurs intervenant·es.
Marc Panneau, directeur de la société A-BIME et chercheur associé à l'IRAA (Institut de recherche sur l’architecture Antique), a ouvert la session avec une communication portant sur l’application et le développement du HBIM sur le théâtre antique d'Orange, et plus précisément sur la modélisation des données archéologiques des monuments.
Anna Tomasinelli, archéologue du bâti chez Evéha International et chercheuse associée à l'UMR Chrono-environnement, a abordé la question de l'harmonisation d'un thésaurus de l'architecture et de la construction, nécessaire pour nommer les structures modélisées dans le HBIM.
Angela Bosco de l’université de Naples L'Orientale, Valeria Cera du département d'architecture (DiARC) de l’université de Naples Federico II et Dora D'Auria, maîtresse de conférences à l’UMLP et chercheuse à l’ISTA (Institut des sciences et techniques de l'Antiquité), ont quant à elles développé une approche sémantique des criticités du bâti archéologique pour la construction de modèles HBIM à partir d’un exemple de maison du site de Pompéi en Italie.
Thomas Chenal, archéologue et topographe à la Direction du patrimoine historique et au Service archéologique de la ville de Besançon, a interrogé les outils du SIG (système d’information géographique) comme une passerelle possible vers le HBIM en archéologie urbaine, à travers l'exemple de Besançon, en parfait écho à la communication présentée par Marc Panneau.
Un autre cas bisontin, la cathédrale de Besançon, a été présenté par Camille Kubiak, doctorante à l’UMLP et au Centre Lucien Febvre, à travers une communication qui éclairait la question de l’utilisation du nuage de points comme HBIM.
La session de communications s'est achevée par une présentation de l'outil BIM Team par l’équipe d'Héritage virtuel, une entreprise spécialisée dans la modélisation 3D du bâti ancien, composée de Pierre Rupp, Étienne Pujol et Maxime Mugnier.
La seconde partie de la journée a été consacrée à des discussions ouvertes entre les intervenant·es et les participant·es invité·es à la table ronde, notamment Marie-Laure Bassi, Sébastien Bully, Morana Čaušević-Bully, Benjamin Clément, Thomas Flum et Lorenzo Fornaciari (2).
Une journée riche en échanges, dont ont pu bénéficier les étudiants du master ASA parcours ACTE (3) invités à y participer dans le cadre de séminaires sur l’actualité de la recherche en archéologie et en sciences pour l’archéologie.
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(1) Morana Čaušević Bully est maîtresse de conférences en archéologie de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, fondatrice du parcours "Archéologie du bâti" du master ASA (archéologie, sciences pour l’archéologie), et membre de l’UMR Chrono-environnement.
(2) Marie-Laure Bassi est directrice de la Direction du patrimoine historique de la ville de Besançon. Sébastien Bully est chercheur à l’UMR ARTEHIS (Archéologie, terre, histoire et sociétés). Benjamin Clément est maitre de conférences à l’UMLP, chercheur à l’UMR Chrono-environnement. Thomas Flum est professeur à l’UMLP, chercheur au Centre Lucien Febvre. Lorenzo Fornaciari est topographe/géomaticien à l’Ecole française de Rome.
(3) Parcours ACTE : Archéologie, culture, territoire, environnement