Relevé du bâti de l’église de Sézéria

Tachéomètre à l'entrée de la nef

La MSHE apporte un soutien logistique à Coline Pillay, étudiante en archéologie à l’UMLP, dans la réalisation de son mémoire de 2e année de master portant sur le bâti de l’église de Sézéria à Orgelet dans le Jura. Coline a emprunté à la plateforme SHERPA un tachéomètre robotisé, un GPS et un appareil photo.

Présentation de sa recherche par Coline Pillay

Le projet de recherche mené dans le cadre de mon mémoire a pour objectif la restitution de l’évolution architecturale de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Sézéria, grâce aux méthodes de l’archéologie du bâti. Il est mené sous la direction de Morana Čaušević-Bully (laboratoire Chrono-Environnement) et le tutorat de Sylvain Aumard (Centre d’études médiévales à Auxerre et laboratoire ArTeHiS).

Contrairement à son attribution courante au XVe siècle, des éléments architecturaux datant du XIe siècle sont mis au jour par la lecture des archives croisée à celle des maçonneries en élévation. L’église est implantée au cœur de la Petite Montagne jurassienne, dans une plaine à l’ouest de la commune d’Orgelet. Son abandon progressif au cours du XIXe siècle a provoqué l’effondrement de la voûte couvrant la nef, ainsi que son oubli sous la végétation. 

Vue aérienne de l'église

À la suite de son inscription aux monuments historiques, un projet de valorisation a récemment été engagé. Il sollicite un suivi archéologique qu’opère le Centre d’études médiévales de concert avec ce mémoire.

Description de la mission

L’opération menée grâce au soutien matériel de la MSHE, nécessite l’utilisation d’un tachéomètre robotisé, un GPS avec positionnement satellite GNSS ainsi qu’un appareil photo.

Ces outils permettent d’effectuer un relevé topographique de l’édifice, dont les points serviront au dessin du plan et des coupes.

Un relevé photogrammétrique de l’effondrement de la voûte au sein de la nef, a en outre été réalisé afin d’en produire un modèle 3D géoréférencé, qui sert de base au dessin archéologique. La méthode consiste à implanter des points, à l’extérieur de l’édifice grâce au GPS mobile, qui servent de référence pour la mise en station du tachéomètre.

Colline fait le relevé photogrammétrique avec l'appareil photo

Un cheminement est pensé en amont, jusqu’à l’intérieur de l’édifice. Des cibles codées ont été disposées à chaque extrémité de la coupe, puis relevées grâce au laser du tachéomètre avant de photographier l’ensemble. Un post-traitement a ainsi permis de produire des orthophotographies géoréférencées, qui serviront à la fois d’illustration à l’enregistrement stratigraphique ainsi qu’aux restitutions de l’évolution architecturale de l’église.

Photos 
A la une : Tachéomètre mis en station à l'entrée de la nef © C. Pillay
A droite en haut : Vue aérienne oblique de l'église depuis le nord-ouest © Fondation du Patrimoine, 2022
A droite en bas : Relevé photogrammétrique de la voûte effondrée © H. Bernard