MÉCÈNE - Mise au point d’un outil numérique d’évaluation posturale pour la mesure automatique de l’engagement et de la créativité
AAP pôles MSHE 2026
Le contrôle postural mobilise des ressources attentionnelles (Woollacott & Shumway-Cook, 2002) et s’avère modifié par la charge cognitive, notamment chez les enfants TDAH (Bucci et al., 2016 ; Schmidt et al., 2015). En perspective occupationnelle (PEO, Law et al., 1996), la posture est un levier d'autorégulation. Ses micro-ajustements pourraient refléter la flexibilité cognitive liée à l'engagement et à la créativité.
L’objectif est de développer un outil numérique d’évaluation écologique et non invasif. Cette preuve de concept compare la cinématique d'enfants au développement typique lors de tâches attentionnelles et créatives. Une captation vidéo non intrusive par vision par ordinateur extrait automatiquement des keypoints (tête, épaules, main). Ces indicateurs moteurs (stabilité, variabilité) sont corrélés à des grilles standardisées d'engagement et de créativité. Les résultats visent à valider ce pipeline automatisé et à identifier des signatures posturales distinctes, posant les bases de biomarqueurs comportementaux numériques éducatifs.
Le contrôle postural n'est pas purement automatisé : il mobilise des ressources attentionnelles, particulièrement chez l'enfant (Woollacott & Shumway-Cook, 2002). La posture s'envisage ainsi comme un indicateur indirect de l'engagement cognitif. Chez les enfants présentant un TDAH, l'ajout d'une tâche cognitive ou visuelle modifie spécifiquement la stabilité posturale (Bucci et al., 2014, 2016). En situation écologique (ex. : devoirs), les variations posturales traduisent une redistribution des ressources face à la fatigue ou à la charge cognitive (Schmidt et al., 2015).
Au-delà de l'engagement, la posture pourrait refléter la créativité. Ce processus repose sur la flexibilité cognitive, laquelle s'incarnerait dans des micro-ajustements moteurs : une posture dynamique traduirait l'exploration active, tandis qu'une rigidité posturale signerait une moindre adaptabilité. Sous le prisme des modèles occupationnels PEO (Law et al., 1996) et CMOP-E (Townsend & Polatajko, 2007), la posture est un levier d'autorégulation. Chez l'enfant TDAH, le mouvement soutient les fonctions exécutives (Cerrillo-Urbina et al., 2015 ; Pontifex et al., 2013).
Développer un outil numérique d'évaluation posturale écologique permettrait d'objectiver ces profils de manière continue et non invasive, ouvrant la voie à des environnements d'apprentissage adaptés.