IntegrHaL - Approche INTEGRée des Habitats groupés Laténiens en gaule celtique - organisations spatiales, dynamiques d’occupations et contextes socio-territoriaux
- DRAC Grand-Est, 2026-2029
- GEOSAGA (GS Transbio / région BFC), 2026-2029
Le projet IntegrHal étudie les liens entre l’émergence des sanctuaires communautaires et le développement des premières agglomérations gauloises dans l’est de la Gaule à partir du IIIᵉ siècle av. J.-C. Bien que le terme « sanctuaire » soit utilisé depuis les travaux de J.-L. Brunaux, leur identification reste difficile, faute de critères méthodologiques consensuels. Les recherches récentes montrent que la structuration des habitats groupés (La Tène C, début IIᵉ s. av. J.-C.) est liée à l’apparition de grands sanctuaires, souvent situés en périphérie des agglomérations, comme à Sens ou Besançon.
Le projet se concentre sur quatre sites, préservés des réoccupations ultérieures. Une approche intégrée, combinant prospection géophysique, télédétection et fouilles ciblées, permettra d’analyser ces sites. Les résultats, diffusés selon les principes de la science ouverte (standards FAIR), seront accessibles sur des plateformes comme Nakala ou DataGouv.fr, assurant leur pérennité et leur réutilisation par la communauté scientifique.
Entre les IIIᵉ et IIᵉ s. av. n. è., l’Europe celtique connaît d’importantes transformations économiques, environnementales et sociétales, marquées notamment par l’apparition d’agglomérations aux caractéristiques urbaines de plus en plus affirmées, qui sont à l’origine de la trame urbaine antique. Les études menées ces vingt dernières années ont permis des avancées significatives dans la compréhension des modalités d’émergence et d'évolution des habitats groupés à la fin de l’âge du Fer en Gaule septentrionale (Blancquaert, Malrain 2016). Un facteur clé de leur développement réside dans la mise en place de sanctuaires communautaires, suivant un processus dont la chronologie précise reste à déterminer (Barral, Thivet 2019). Les mutations du paysage urbain antique peuvent être analysées à travers le prisme du devenir des habitats groupés fondés entre la fin du IIIe et le début du IIe s. av. n. è., suivant des schémas d’évolution chrono-spatiale que nous appelons « parcours de sites ». Cette notion, développée et perfectionnée dans les dernières décennies, décrit les modalités d’occupation, d’abandon et de déplacement des pôles d’habitat sur le temps long (Barral, Nouvel 2012 ; Venault et al. 2012).
À l’échelle de l’est de la Gaule, peu de sites permettent une analyse approfondie de ces phénomènes. Notre objectif est d’analyser quatre pôles d’occupation, déjà identifiés (Champigny-les-Langres, Genevrières, Nijon, Bologne), pour une étude comparative de leurs trajectoires sociétales, économiques et environnementales. Le présent projet de recherche doctorale vise aussi à développer des méthodes et outils adaptés à l’étude de sites méconnus, en raison de leur fossilisation sous couvert forestier, où l’utilisation d’équipements topographiques et géophysiques reste un défi technologique et scientifique (Trinks et al. 2025).
Les principales problématiques scientifiques du projet sont les suivantes :
- Origine des agglomérations gauloises : dans quelle mesure l’implantation des agglomérations ouvertes est-elle influencée par la présence d’espaces cultuels ou funéraires préexistants ? Quelle chronologie relative peut être établie entre ces différents types d’occupation ?
- Évolution des pôles d’occupation : quels sont les facteurs déterminants qui conditionnent les parcours de site entre l’époque gauloise et l’époque romaine ? L’appartenance au territoire politique et ethnique (Lingons, Leuques, Séquanes) joue-t-elle un rôle dans l’évolution des pôles d’occupation ?
- Méthodes d’investigation et d’analyse : quels outils et méthodes favorisent l’étude de sites conservés sous couvert forestier ? Comment lever cette contrainte afin d’explorer ce patrimoine archéologique inédit ?
Équipe de recherche
- Thivet Matthieu, ingénieur de recherche, Chrono-environnement, Besançon
- Philippe Barral, professeur, Chrono-environnement, Besançon
- Jean-Michel Friedt, maitre de conférences HDR, Femto-ST – Temps Fréquence, Besançon
- Emmanuel Klinger, chargé de recherche CNRS, Femto-ST – Temps Fréquence, Besançon
- Emmanuel Hamon, doctorant, Chrono-environnement, Besançon
- Vincent Franchini, doctorant, Chrono-environnement (oct. 2026), Besançon
Liens formation - recherche
Le projet sert de support à plusieurs écoles de terrain du master ASA (Archéologie Science pour l'Archéologie), soutenue par la GS Transbio.
Photo : Vue aérienne de la voie romaine militaire de Lyon à Trèves. Prise de vue du nord (au dessus du bourg de Vaudrecourt, Haute-Marne), en direction du bourg actuel de Nijon, au sud © P. Nouvel