Pôle 2 : Prix du paysage et du climat

Responsable : Daniel JOLY

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En partenariat avec l'INRA de Dijon (UMR 1041 Centre d'économie et sociologie appliquées à l'agriculture et aux espaces ruraux - CESAER), ce projet poursuit l'action "Analyse économétrique des paysages et du climat". L'objectif est, côté géographes, de fournir des indicateurs aux économistes. Ces indicateurs sont relatifs soit aux éléments du paysage vus depuis le sol (importance de la vue sur le bâti, sur les espaces agricoles ou forestiers, sur l'eau, etc.), soit au climat (moyenne de température, nombre de jours chauds ou froids, cumul et nombre de jours de précipitation, etc., sur la normale 1971-2000). Ils alimentent des modèles économétriques en vue d'estimer le prix de chacun d'eux. S'agissant du paysage, les terrains d'applications seront à nouveau les aires périurbaines de Dijon et Besançon, mais il est prévu une coopération avec des chercheurs de l'Université d'Aix-Marseille pour étendre les aires d'étude à la côte méditerranéenne. S'agissant du climat, le projet de recherche vise à poursuivre les estimations en nous appuyant sur les normales 2021-2050 et 2071-2100 fournis par les sorties du modèle Arpege-Climat de Météo-France (scénario A1B du GIEC).

Le paysage et le climat sont deux facettes d'une réalité complexe qui imposent, parmi d'autres facteurs, leur influence sur les choix résidentiels. S'agissant du paysage, le cadre de vie rural et/ou, périurbain est recherché pour ses nombreux attributs considérés comme attractifs : basses densités de population, calme, espaces ouverts et, en particulier, paysages que les activités agricole et forestière contribuent à créer et entretenir. De même, le climat joue pour attirer, dans ses versions chaudes et ensoleillées, un tourisme de masse et un habitat dense. Les aménités liées au paysage et au climat sont capitalisées dans les valeurs immobilières. Aussi, en utilisant la méthode des prix hédonistes, les travaux entrepris lors du précédent quadriennal ont permis de quantifier le prix accordé aux éléments boisés ou aux espaces agricoles ouverts à la vue depuis les maisons. La même méthode a permis d'établir que, par exemple, l'effet d'un degré Celsius supplémentaire pour les mois d'été s'échelonne, en France, de + 4, % à + 8% du prix du loyer ou des logements.
Côté paysage, les recherches porteront sur l'affinement des informations introduites dans le système d'information géographique (SIG) qui autorise la modélisation des éléments paysagers vus. En effet, l'une des principales conclusions de nos travaux a été que plus l'échelle de représentation de la surface terrestre est grande, meilleurs sont les résultats. Il est ainsi programmé d'acquérir des données à très haute résolution (2m, voir 1 m) pour mettre en évidence les plus fins objets qui, tels les jardins, les bosquets ou les haies de thuyas, ont une influence décisive sur le prix du paysage.
Dans le domaine du climat, l'abondance des publications réalisées au cours du précédent quadriennal montre l'intérêt de cette problématique qui sera poursuivie. Les calculs économétriques sont en cours et devraient aboutir à d'autres publications pour les années à venir. Nos travaux s'orientent vers les implications du réchauffement climatique sur le prix de la rente foncière et donc des transactions immobilières et des locations. Ces recherches ne sont pas sans intérêt car, alors que l'immobilier représente 16% du PIB en France, une élévation de la température de 1°C se traduit, selon nos estimations, par un mouvement de même sens de 0,8% du PIB.

Durée de l'action : 2011 / décembre 2016

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