Retour sur le séminaire «Revitalisation et mutations territoriales»

actu20190219 Retour seminaire revitalisationLe séminaire « Revitalisation et mutations territoriales », qui s’est tenu le 4 février 2019, s’inscrit dans l’action ORTEP Revitalisation dans le pôle 1 « Dynamiques territoriales » de la MSHE Ledoux. Il était organisé par Nathalie Kroichvili, économiste et responsable de l’opération « Dynamique territoriale et schéma de revitalisation du bassin d’emploi de Belfort » dans l’action ORTEP, Nastasya Winckel, doctorante en économie (1) et Laure Nuninger, archéologue et coordinatrice du pôle 1.
C’est sous la forme originale d’une lecture collective et pluridisciplinaire de quatre articles scientifiques que s’est organisé ce séminaire, dans la continuité d’une première édition sur le concept de « path-dependency » (dépendance au sentier) qui a eu lieu le 6 février 2018. Ces deux séminaires s’intègrent dans une dynamique plus large de réflexion théorique sur les territoires et visent à renforcer les discussions interdisciplinaires entre chercheurs sur les questions de mutations territoriales, au sein de la MSHE et des laboratoires fédérés. Le séminaire « Revitalisation et mutations territoriales » a rassemblé des participants (chargés de recherche, maître de conférences, professeurs et une doctorante) venant de disciplines variées (archéologie, économie, géographie, sociologie, philosophie, histoire). Tous avaient au préalable reçu les quatre articles (2) publiés par des auteurs extérieurs aux participants. Ces derniers s’étaient engagés à les lire avant le séminaire, afin de rendre fructueux les échanges. Un binôme interdisciplinaire de chercheurs a introduit chaque article et animé la discussion qui s’en est suivie. Ce format s’est avéré un espace de débats riches et dynamiques. D’emblée, l’absence de conceptualisation de la revitalisation a été constatée par les chercheurs. La multiplicité des disciplines impliquées et de concepts connexes a alors rendu la forme du séminaire interdisciplinaire particulièrement cohérente avec l’objet d’étude.
Un certain nombre d’éléments ont fait consensus, notamment l’impératif de prendre en compte les emboitements d’échelle et l’importance d’inclure dans la réflexion l’ensemble des acteurs des territoires mais pas seulement. En effet, les participants ont également abordé la question des impulsions propres à faire entrer un territoire dans une dynamique nouvelle ou renouvelée : cette dynamique étant tout à la fois le fait des acteurs locaux, mais souvent soumise à l’impulsion d’éléments ou d’acteurs extérieurs. La revitalisation a été succinctement définie comme un retour à la vitalité - en opposition à une situation de déclin ou de « pourrissement » - mais dans des conditions et sous des critères différents des états de vitalité qu’a pu connaître le territoire par le passé, introduisant ici la notion de transition. Les chercheurs ont alors mobilisé des éléments du séminaire précédent - le concept de dépendance au sentier - et ouvert la voie au prochain séminaire sur la vulnérabilité à travers les notions de déclin, d’effondrement et de résilience. La question de la définition de la vitalité a également mené à la remise en question des démarches exclusives où seuls l’activité et l’emploi seraient mis au centre et comme moteur de la revitalisation. Autrement dit, la sphère économique, les démarches de revitalisation doivent considérer les sphères sociales, culturelles et institutionnelles. Les discussions ont également montré que la revitalisation opère sur des dimensions spatiales, organisationnelles et temporelles multiples. Elle s’inscrit en effet dans les processus du territoire local mais aussi dans ceux des territoires plus englobants. Finalement, devant l’écheveau de ces dimensions intriquées, c’est la question de l’étude de la complexité qui est soulevée. Le débat s’est porté sur la construction d’une matrice de lecture permettant ce que les chercheurs nomment la « simplexification » des cas étudiés, c’est-à-dire une simplification de l’objet d’étude sans effacer la complexité et la « reliance » qui le caractérise. La revitalisation pourrait être conçue comme un nouvel outil de compréhension des mutations territoriales et possédant la caractéristique intéressante d’être construit dans l’interdisciplinarité.

(1) Nastasya Winckel est doctorante MSHE, administrativement rattachée au laboratoire FEMTO-ST/RECITS. Elle prépare une thèse dans le cadre de l’action ORTEP Revitalisation.
(2) 1- Edelblutte, S. (2008). Introduction : reconversion et patrimoine au Royaume-Uni : reconversion et patrimoine au Royaume-Uni. Revue Géographique de l’Est, 48, 1–2. Retrieved from. 2- Fol, S., & Sabot, E. (2003). La revalorisation des espaces industriels : Issy-Les-Moulineaux en Île-de-France et North Lanarkshire en Ecosse. Les Annales de La Recherche Urbaine, 93, 22–32. 3- Coenen, L., Moodysson, J., & Martin, H. (2015). Path Renewal in Old Industrial Regions: Possibilities and Limitations for Regional Innovation Policy. Regional Studies, 49(5), 850–865. 4- From Collapse to Regeneration. (2006). In Schwartz G. & Nichols J. (Eds.), After Collapse: The Regeneration of Complex Societies(pp. 3-17). University of Arizona Press.

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