Retour sur le séminaire «Mémoire et mémorisation au croisement de la psychologie et des sciences du langage»

actu20181217 Retour séminaireMBendinelliFaire dialoguer psychologie et sciences du langage, tel était l’objet du séminaire organisé conjointement par Marion Bendinelli, maître de conférences en sciences du langage, et André Didierjean, professeur de psychologie, responsables respectivement des pôles de recherche « Archive, bases, corpus » et « Comportements, risques, santé » de la MSHE Ledoux. Au cours de ce séminaire commun, qui s’est tenu le 22 novembre 2018, deux communications ont été présentées : celle de Laure-Hélène Canette, orthophoniste et doctorante en psychologie cognitive au laboratoire LEAD (1) de l’université Bourgogne Franche-Comté et celle de Christophe Cusimano, professeur en sciences du langage à l’université de Masaryk de Brno en République tchèque. Ces deux communications ont permis de mettre en regard le parcours d’une psychologue qui se tourne vers les outils et analyses de la linguistique et celui d’un linguiste qui s’intéresse aux tests psychologiques.
Laure-Hélène Cannette interroge dans son travail de thèse les effets de la musique sur le langage : elle cherche à mesurer l’influence de caractéristiques musicales, tel le rythme, d’une part sur la performance à des tests de jugement de grammaticalité (la phrase lue est-elle correctement construite ?) et d’autre part sur l’activation de concepts gardés en mémoire. Pour répondre à cette seconde série de questions, propres à la psychologie cognitive, elle a notamment utilisé des outils classiques des sciences du langage : elle a ainsi constitué un corpus de récits recueillis auprès d’enfants et d’adultes, qui devaient décrire ce qu’ils avaient imaginé à l’écoute d’une séquence musicale. Le corpus a ensuite été analysé à l’aide de logiciels de textométrie (TXM et Iramuteq) : de premiers résultats ont été présentés, contrastant la longueur des réponses et une première analyse d’ordre sémantique.
De son côté, Christophe Cusimano s’est penché sur les tests utilisés dans le dépistage de la maladie d’Alzheimer. Il a notamment étudié le test du « lion de Barbizet », qui mesure le degré de persistance en mémoire d’un souvenir une heure, un jour, une semaine après l’écoute d’un court récit. Son approche de linguiste apporte un regard critique à la fois sur le test et sur les conditions de passation. En particulier, il montre un manque de prise en compte du texte lui-même, de sa cohérence par exemple, et du contexte dans lequel il est énoncé.
En définitive, les communications et la discussion qui s’en est suivie ont permis de souligner des rapprochements, des questions, des pratiques communes et complémentaires entre sciences du langage et psychologie. Les présentations de Laure-Hélène Cannette et de Christophe Cusimano se rejoignent sur l’importance qu’il y a à prendre en considération dans les usages des tests psychologiques les biais potentiellement induits par la présence du chercheur lors de leur passation. Si les principes d’une sémantique interprétative (c’est-à-dire tenant compte du fait que les mots ne sont pas utilisés de manière isolée et décontextualisée) font consensus, leur intégration dans les protocoles expérimentaux n’apparaît pour autant pas encore envisageable. Ce séminaire ouvre pour autant des pistes de collaboration possible.

(1) Laboratoire d’étude de l’apprentissage et du développement.

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