Delphine Vennat, nouvelle docteure à la MSHE

actu20181108 SoutenanceDVennatDelphine Vennat, doctorante de la MSHE Ledoux rattachée au Laboratoire de psychologie de l’UFC, a soutenu sa thèse le 13 septembre 2018 dans la salle de conférence. La recherche, conduite sous la direction de Denis Mellier et Rose-Angélique Belot, s’intitule « Devenir mère et défaut d’étayage familial dans le post-partum immédiat. Étude clinique, longitudinale et comparative à domicile des 2 semaines aux 18 mois du bébé ». Elle s’inscrit dans l’action « Parents isolés, bébé et soutien familial et institutionnel » (1) du pôle 5 de la MSHE Ledoux.
Le travail de Delphine Vennat a porté sur les conséquences pour les mères de l’absence d’un soutien familial après la naissance de leur enfant, notamment les conséquences psychiques et interrelationnelles avec le père et le bébé. En effet, au cours des cinquante dernières années, les transformations sociétales ont profondément touché le « devenir mère ». Les progrès de la médecine par exemple ont permis d’améliorer la sécurité physique des mères et des nourrissons, mais ont aussi impacté les rites et les pratiques traditionnels qui entouraient autrefois les naissances. La présence aidante et bienveillante de la famille élargie – souvent les mères, grands-mères ou tantes – s’est de fait estompée. Cela conduit à un phénomène nouveau, à savoir une certaine solitude dans le « devenir parent ».
Delphine Vennat s’est interrogée sur un lien éventuel entre cette relative solitude et les troubles psychopathologiques maternels, et plus tard chez l’enfant. Dans sa thèse, elle a utilisé une méthode mixte, associant les dimensions quantitative et qualitative, auprès de 35 familles (2). Elle a d’abord déterminé deux groupes : l’un constitué de mères se sentant soutenues par leur famille et l’autre de mères ne sentant pas soutenues. Ensuite, à l’aide d’entretiens, de temps d’observation, de questionnaires, d’enregistrements vidéo, elle a suivi ces 35 familles, des 6 semaines aux 18 mois du bébé, avec pour objectifs d’évaluer l’état psychique de la mère, la qualité de ses relations conjugales et le développement de l'enfant.
L’approche quantitative, avec laquelle les deux groupes de mères ont été comparés, a permis de mettre en évidence des différences significatives. Ainsi les mères qui ne se sentent pas soutenues par leur famille vont plus fréquemment présenter des signes de dépression et d’anxiété, qui apparaissent progressivement au cours des semaines qui suivent l’accouchement et qui tendent à perdurer dans le temps. De même, si les relations conjugales tendent à se dégrader après la naissance dans les deux groupes observés, elles le sont davantage pour les mères appartenant au groupe « non soutenues ». La chercheuse précise cependant que le défaut de soutien n’a pas strictement les mêmes conséquences pour toutes les mères. L’approche qualitative qu’elle a menée auprès de 3 familles au sein du groupe des mères non soutenues montre l’importance d’autres facteurs, internes et externes. En effet, la relation passée de la jeune mère à sa propre mère ou encore le type d’attachement qu’elle a développé dans sa petite enfance jouent sur son propre « devenir mère » : une relation passée mère-fille de bonne qualité ou un type d’attachement sécure atténuent les répercussions psychopathologiques, notamment en terme de dépression et d’anxiété. A cela s’ajoutent d’autres éléments plus contingents, comme la proximité géographique, la possibilité d’avoir des temps de répit en confiant son bébé à un tiers…
Ces différents facteurs sont très liés. Par exemple une mère se sentira plus facilement soutenue si ses relations passées avec sa propre mère ont été de bonne qualité et si son type d’attachement est sécure, même dans la situation où elle est éloignée géographiquement de sa famille. Les mères les plus vulnérables sont celles qui cumulent les facteurs fragilisants à la fois internes et externes.
Le travail de Delphine Vennat montre ainsi que les trois premiers mois après la naissance de l’enfant sont primordiaux. L’absence de soutien par la famille élargie fragilise les mères et la cellule familiale. Cela ouvre naturellement des perspectives en termes de prévention et de soins. Selon la chercheuse, ce facteur de risque doit être évalué en prénatal pour proposer aux nouvelles familles un accompagnement ajusté à leurs besoins, notamment par la création d’un service de visites à domicile associant des psychologues aux sages-femmes.

(1) Cette action se poursuit avec l'action « Le bébé, sa famille et ses enveloppes »
(2) Le recrutement des 35 familles a été réalisé grâce à un partenariat avec le service d'hospitalisation à domicile (HAD).

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