Une échelle internationale des facteurs de stress pour les services de réanimation

actu20180112 EchellefacteursstresseALaurentAlexandra Laurent, maître de conférences HDR au laboratoire de psychologie, conduit une recherche internationale portant sur « la sécurité des soins et l’erreur humaine en réanimation médicale », inscrite dans le pôle de recherche « Comportement, risques, santé » de la MSHE Ledoux et financée par Société de Réanimation en Langue Française (SRLF), le CHU de Besançon (1) et la région Bourgogne Franche comté. Commencée en 2012, la première phase de cette étude est en voie d’achèvement.
Les services hospitaliers de réanimation accueillent dans l’urgence des patients atteints de pathologies graves, dont le pronostic vital est souvent engagé. Les procédures diagnostiques et thérapeutiques y sont complexes, les décès relativement fréquents. Les personnels de santé exerçant dans ces services sont donc confrontés à de multiples sources de stress. Alexandra Laurent et son équipe (2) posent l’hypothèse selon laquelle l’intensité et la fréquence des facteurs de stress ont un impact sur la qualité et la sécurité des soins. Le stress mal identifié, mal maîtrisé engendre un risque d’erreur humaine. D’où l’objectif de la recherche : identifier les facteurs de stress récurrents et en élaborer une échelle permettant aux services hospitaliers de mieux les prendre en compte. Une telle échelle spécifique aux activités de soins en réanimation est une première en Europe. Elle vise à devenir un outil de prévention pour les services hospitaliers, facilitant la mise en place d’actions correctives de formation et d’accompagnement des professionnels de santé, favorisant par là-même le bien-être au travail et la qualité de soins.
L’élaboration de l’échelle des facteurs de stress a associé plusieurs équipes de recherche au niveau international autour de l’équipe d’Alexandra Laurent. Des chercheurs en psychologie en Espagne, Italie, Australie et au Canada ont ainsi réalisé des entretiens cliniques auprès de soignants (médecins et infirmiers) de leur propre pays et les ont analysés. Ce travail a permis d’identifier 99 facteurs de stress, qui se retrouvent dans les cinq pays. Puis ces 99 items ont été soumis à des médecins et infirmiers en France, Italie, Espagne et Canada, qui ont évalué leur pertinence, leur clarté, etc. A partir de cette phase d’évaluation, les chercheurs ont réduit l’échelle à 65 facteurs de stress : par exemple les décisions d’arrêt des thérapeutiques, l’annonce d’un pronostic sombre, l’incompétence ou la négligence de la part de collègue… Les 65 items sont reconnus dans tous les pays associés à la recherche, mais certains sont plus spécifiques aux médecins et d’autres plus spécifiques aux infirmiers.
Cette première échelle à présent terminée, il s’agit pour les chercheurs de la valider par une vérification statistique auprès d’une population importante de professionnels. 4 000 soignants vont être interrogés dans plusieurs services de réanimation de chacun des cinq pays associés. La publication de l’échelle des facteurs de stress en réanimation devrait avoir lieu vers 2020. Alexandra Laurent se rendra au Canada au mois de juin prochain, notamment pour suivre la mise en place de la validation dans le centre de médecine intensive et réanimation le plus important du pays.

(1) Via l'appel à projet interne de recherche clinique ou biologique (APICHU).
(2) Dans le cadre de cette action, Laurence Aubert prépare une thèse de psychologie sur la « santé mentale des professionnels de santé, facteurs de risque et qualité des soins en réanimation ».

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