« Hidden Treasure of Rome »

maa missouri edu damienDe jeunes chercheurs de la MSHE Ledoux ont mené début 2016, aux États-Unis, une campagne de numérisation 3D sur un lot de céramiques romaines provenant des réserves des Musées Capitolins de Rome, en collaboration avec des universités nord-américaines.
« Hidden Treasure of Rome » est un projet pilote engagé depuis plusieurs années grâce à une collaboration historique entre l'Université du Missouri, la ville de Rome et ses Musées Capitolins, les gouvernements des deux pays, Italie et États-Unis, et la société américaine Enel Green Power. Il s'agit d'explorer les imposantes réserves de ces musées où plusieurs dizaines de milliers d'artefacts sont préservés sans toutefois jamais être présentés au public. Bien souvent ces objets sont issus de découvertes anciennes, et en conséquence nombre d'entre eux ne bénéficient pas d'un contexte archéologique précis. Face à ce constat et pour combler ce déficit d'informations, l'Université du Missouri, par l'intermédiaire de son musée d'Art et d'Archéologie, a suggéré l'examen de ces collections avec plusieurs techniques de pointe dont bénéficie l'archéologie aujourd'hui. Une sélection de céramiques, issues de dépôts funéraires datés entre le 5e et le 1er s. av. J.-C. et découverts à la fin du 18e siècle lors du réaménagement urbain de Rome, ont ainsi fait l'objet d'analyses chimiques par le Laboratoire d'Archéométrie du Missouri University Research Reactor. Ce dernier fait figure de pionnier pour ce type d'étude depuis bientôt 30 ans.

Le premier lot de céramiques est arrivé au musée de Columbia (Mo) fin 2014, et une soixantaine d'exemplaires ont subi deux types d'analyses chimiques : activation neutronique et spectrométrie de fluorescence des rayons X. L'objectif de ces méthodes est d'identifier un certain nombre d'éléments chimiques qui forment autant de profils permettant de constituer des groupes de matériel, et parfois d'en identifier la provenance. Les premiers résultats sont relativement encourageants mais le nombre réduit d'individus et leur lieu d'enfouissement dans une zone restreinte de Rome ne permet pas d'émettre des hypothèses très avancées pour le moment.

En complément à ces analyses chimiques les porteurs du projet, Marcello Mogetta (Assistant Professor, Roman Art and Archaeology, at Missouri University) et Alex W. Barke (Directeur du musée d'Art et d'Archéologie de Columbia (Mo)), ont souhaité étendre le champ des recherches en pratiquant des analyses de surface sur le matériel. Deux approches ont été privilégiées : le traitement RTI (Reflectance Transformation Imaging) et la numérisation 3D. L'intérêt de cette seconde méthode porte autant sur l'analyse d'infimes marques d'utilisation des objets que sur la valorisation par l'image numérique en 3D de ces incroyables objets d'époque républicaine, souvent entièrement préservés.

A cette fin, Marcello Mogetta a rassemblé une équipe pluridisciplinaire internationale composée de Laura Banducci (Assistant Professor, Greek and Roman Studies, at Carleton University in Ottawa (Canada)), spécialiste de l'étude des marques sur le mobilier céramique, Rachel Opitz et Kyle Urquhart (Center for Advanced Spatial Technologies at University of Arkansas) spécialistes des acquisitions 3D, et deux doctorants de l'Université Bourgogne Franche-Comté spécialistes dans le même domaine de compétences, Valérie Taillandier et Damien Vurpillot (rattachés au laboratoire Chrono-environnement, UFC), en partenariat avec la MSHE C. N. Ledoux.

L'utilisation des deux scanners 3D de la MSHE Ledoux, acquis sur financement de la Région Franche-Comté, s'est révélée un atout indéniable pour numériser ces artefacts à haute résolution, et ce malgré des contraintes très spécifiques : la plupart des céramiques sont de petite taille, avec un engobe noir très brillant, parfois même métallescent, ce qui est problématique pour la plupart des scanners 3D du marché. La qualité des modèles numériques obtenus avec ce matériel (scanners GOM, gamme Atos Core 185 et 80) permet par exemple d'observer la succession des marques dans le temps, avec des recoupements assez précis pour qu'on puisse en déterminer la chronologie relative.

Les premiers essais très concluants de la très récente campagne de numérisation (janvier 2016), vont permettre à la MSHE C. N. Ledoux et à l'université Bourgogne Franche-Comté de poursuivre leur implication dans ce projet international qui vise à multiplier les analyses sur d'autres lots céramiques des réserves des Musées Capitolins dès l'an prochain.

Lire un article de la revue Hertiage Daily.

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