Retour sur la journée d’étude «Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagarce»

actu20161017 retourjetudeLagarceLa sortie du film de Xavier Dolan Juste la fin du monde, Grand Prix du Jury du festival de Cannes 2016, était l'occasion de présenter les ressources que représentent les archives de Jean-Luc Lagarce numérisées et mises en ligne dans le cadre de l'action FANUM-FC (fonds d'archives numériques de Franche-Comté) de la MSHE Ledoux. La journée d'étude, organisée par Pascal Lécroart, responsable de FANUM-FC et Alexis Leprince, doctorant de la MSHE, s'est déroulée le 7 octobre 2016 au Centre Dramatique National de Besançon devant un large public.
Elle a réuni des chercheurs, spécialistes de littérature, des arts et du théâtre, mais aussi des professionnels du théâtre, de la vidéo et du cinéma qui ont accompagné Jean-Luc Lagarce dans certains de ses projets.La journée était résolument placée sous l'angle de l'approche génétique de l'œuvre Juste la fin du monde, que le fonds Lagarce de FANUM-FC contribue à faciliter et à enrichir. Le fonds numérique d'archives Jean-Luc Lagarce est l'un des six fonds que comprend à ce jour FANUM-FC (1), le plus important avec le fonds FANA danse contemporaine. Pascal Lécroart a ouvert la journée en en retraçant l'historique et les perspectives.

Les archives du dramaturge franc-comtois décédé en 1995 ont été versées à l'IMEC (Institut Mémoires de l'Edition Contemporaine) en 2007. La mise à disposition publique de ces documents papier (textes des pièces, notes, carnets, journal que tient Lagarce...) offre des possibilités d'études intéressantes mais néanmoins présente une limite : la consultation sur place des archives. En 2012, François Berreur, qui a notamment fondé avec J. L. Lagarce les éditions Les solitaires intempestifs, propose à Pascal Lécroart un projet commun afin d'assurer la numérisation et la mise en ligne des archives. Le projet reçoit immédiatement le soutien de la MSHE Ledoux et s'inscrit dans le pôle de recherche « Archive, bases, corpus ». Le travail commence en 2013, en collaboration avec le Centre Jacques Petit du laboratoire ELLIADD, avec la numérisation des trois dernières pièces de Lagarce (2) et l'ouverture d'un site internet. Depuis, le fonds ne cesse de s'enrichir. Il comprend aujourd'hui environ 5 000 documents en ligne, bientôt rejoints par d'autres en cours de numérisation (en particulier les cahiers/carnets de travail de Lagarce, ainsi que ses dossiers de mises en scène). En 2014, l'intégration du fonds Lagarce au consortium CAHIER au sein de la Très Grande Infrastructure de Recherche (TGIR) Huma-Num est une reconnaissance du travail accompli. Le consortium CAHIER soutient des projets numériques en accès libre de corpus d'auteurs, souvent du domaine public. L'originalité du fonds Lagarce est de rendre accessible à tous une œuvre récente encore protégée par le droit d'auteur. Le fonds, qui peut intéresser un large public, est d'abord destiné aux chercheurs. Il met à disposition les sources du travail génétique et offre des possibilités nouvelles d'exploitation. En effet, la numérisation des archives a obligé à revoir le classement qu'avait opéré l'IMEC des documents papier, ouvrant aussi de nouvelles perspectives d'exploration du travail créatif, qui ont été au cœur de cette journée d'étude.

Les premières communications présentées, centrées sur la genèse de la pièce Juste la fin du monde, ont montré comment les archives de l'auteur peuvent documenter le processus d'écriture. Les notes, cahiers, lettres autant que les versions successives du texte que donnent à voir ses brouillons mettent au jour l'écriture en train de se faire et éclairent ainsi la compréhension de l'œuvre.
Puis, les chercheurs se sont attachés à restituer le cheminement de l'auteur Lagarce d'une œuvre à l'autre, replaçant la pièce Juste la fin du monde dans un processus créatif allant du roman Les adieux – ouvrage refusé par les éditeurs et jamais publié – jusqu'au Pays lointain, par ailleurs sa dernière pièce qui récupère la matière de Juste la fin du monde. Cette approche enrichit l'analyse de l'œuvre, la caractérisation de l'écriture de Lagarce et montre un processus de création non linéaire.
Les dernières communications ont analysé le passage à la scène et à l'écran, abordant les mises en scène et adaptations cinématographiques comme autant de réalisations du texte de Lagarce. Dans cette perspective, le film de Dolan est une étape supplémentaire dans la lecture-réécriture de la pièce Juste la fin du monde.

Après les communications académiques, la journée s'est poursuivie avec la diffusion de deux films vidéo réalisés par Jean-Luc Lagarce au début des années 1990 : Portrait et Journal 13. La table ronde qui a suivi en présence de ceux qui ont participé à ces projets a été l'occasion d'évoquer l'homme derrière l'œuvre. Puis, en soirée a été projeté la première adaptation cinématographique de la pièce Juste la fin du monde, sortie en DVD en 2009 mais jamais montrée en salle. Réalisé par Olivier Ducastel et Jacques Martineau, le film est tiré du spectacle monté à la Comédie Française en 2008, rappelant que l'auteur Lagarce est devenu un classique contemporain.

Captation vidéo de la journée par Théatre contemporain.net

(1) Fonds Paul Claudel, fonds Petit comtois, fonds documentaire Gilles Laubert, fonds d'archives numériques audiovisuelles (FANA) en danse contemporaine, fonds Claude Louis-Combet et le fonds Jean-Luc Lagarce.
(2) Juste la fin du monde, J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne, Le Pays lointain.
(3) Produits par le centre international de création vidéo Montbéliard-Belfort.

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